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Comment manager en télétravail ?

Gérer le télétravail

Cela fait bientôt deux ans que le télétravail s’est imposé dans le monde professionnel. Certains grands groupes le pratiquaient déjà partiellement, mais les entreprises peu matures sur le sujet ont dû rattraper un retard considérable à l’occasion de la crise sanitaire. Dans tous les cas, les spécificités du management à distance n’étaient pas encore bien maîtrisées : en effet, on ne manage pas de la même façon en présentiel et en distanciel.

Aujourd’hui, de nombreux retours d’expérience ont permis d’apporter le recul nécessaire sur les conditions du succès du travail à distance.

Par ailleurs, le retour d’une partie des effectifs au bureau a consacré l’avènement d’un nouveau type de management dit « hybride ». Comment gérer de façon optimale l’alternance de ces différentes phases, avec des équipes parfois fragmentées entre leur lieu de travail, leur home office, des espaces de coworking ou encore présentes sur plusieurs sites dont certains à l’étranger ?

Une étude réalisée par OpinionWay en mai 2021 indique que le burn-out touche 2 millions de Français dont une majorité de managers. Voici notre décryptage pour l’éviter et tirer le meilleur parti de cette révolution culturelle.

Management et télétravail : vers une organisation « phygitale »

« Le modèle hybride, ce n’est pas seulement un sujet d’équilibre et de nombre de jours de télétravail par semaine, c’est un sujet d’évolution de la relation managériale », a dit Erwan Le Tallec, DRH de Johnson & Johnson.

Pour bien manager à distance, le responsable d’équipe doit d’abord d’assurer que ses employés disposent de tout le matériel nécessaire : un ordinateur fixe et / ou portable, un deuxième écran si cela se justifie, un casque, un bureau et une chaise de qualité pour prévenir les maux de dos liés à la station assise prolongée. La plupart des sociétés n’ont pas hésité à indemniser leurs salariés pour l’achat de matériel, l’investissement dans de nouveaux meubles, l’extension du forfait Internet ou la consommation d’électricité.

Communiquer à distance représente un défi en soi. On le constatait déjà lors des réunions en visio ou des conférences téléphoniques. Pour travailler efficacement en mode projet avec des équipes multisites, il est indispensable de mettre en place des outils de travail collaboratif à distance de type Teams, Slack, Trello, JIRA, etc. Les partages d’écran et les tchats permettent de mener à bien des tâches à condition d’être formé et d’adhérer à ces nouvelles modalités.

L’alliance entre management et télétravail suppose de conserver le lien avec ses équipes sans tomber dans l’excès. On peut par exemple organiser une réunion de suivi hebdomadaire pour faire un tour de table plutôt que des one to one trop chronophages. Pour bien manager à distance, il est également important de recréer des rituels à caractère professionnel ou non : ainsi, certaines sociétés ont organisé des escape games pour divertir leurs salariés et permettre aux nouveaux entrants de faire connaissance dans un cadre ludique.

Management hybride : de la responsabilisation à la confiance

Bien manager à distance suppose que le responsable maintienne un haut niveau d’engagement au sein de ses équipes. Pour cela, il doit être pédagogue et rappeler fréquemment le sens global des projets en cours. En effet, le travail à distance peut parfois accentuer la tendance des salariés à se concentrer sur leurs tâches quotidiennes et à perdre de vue la big picture.

Dans cette perspective, l’idéal est de fixer des OKR (Objectives and Key Results). Cela permet aux équipes de connaître clairement les sujets sur lesquels elles travaillent et dans quel but. Les résultats attendus doivent être mesurables et chiffrés. Cette posture responsabilisante n’est pas toujours simple à adopter et peut nécessiter une phase d’adaptation, voire de formation.

En effet, de nombreux responsables ont encore tendance à micro-manager et peinent à faire confiance. Or, management et télétravail ne s’opposent pas. En finir avec le présentéisme constitue en soi un changement de paradigme comportant de nombreux avantages : augmentation de l’efficacité opérationnelle, optimisation du temps de travail, meilleur équilibre entre la vie professionnelle et personnelle, fluidité des relations interpersonnelles, plongée dans le deep work, libération de la parole…

Pour que la performance soit toujours au rendez-vous, les managers doivent trouver un subtil équilibre entre direction, délégation et autonomisation : cela requiert un haut niveau d’intelligence émotionnelle et une capacité communiquer à distance en jouant à la fois sur l’intelligence individuelle et collective. Les spécificités du management à distance exigent de l’expérience, de l’innovation et une mutualisation des bonnes pratiques.

Il convient enfin de s’assurer que les managers comme les salariés ne souffrent pas d’une charge mentale et cognitive trop importante en préservant le droit à la déconnexion et en restant attentif aux risques psycho-sociaux.

Les enjeux du travail à distance sont multiples et passionnants. Qu’on le considère comme une libération, comme la sociologue Julia de Funès, ou une aliénation, qu’on ait l’impression de travailler moins, ou au contraire beaucoup plus, on doit désormais compter avec ce phénomène de société qui rebat les cartes de l’entreprise et même de l’habitat. Si les conditions matérielles et la qualité de l’équipement sont essentielles pour passer la phase de survie, les bonnes pratiques en termes de sociabilité et d’organisation du travail permettent de s’installer dans une phase de pérennisation qui peut se révéler très bénéfique pour les managers comme pour les salariés. L’utilisation optimale des outils de travail collaboratif à distance par des équipes multisites est fondamentale pour partager et tracer l’information en temps réel tout en remplissant ses objectifs de manière créative et productive.

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