Développement personnel

Verbaliser ses émotions : une clef de maîtrise de soi

Décrire ses émotions pour mieux les gérer

Certains n’ont pas de mot pour décrire leurs émotions parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils ressentent.
L’ alexithymique* n’a pas de mot pour décrire ses sentiments parce qu’il est incapable de connaître leur nature. Ceci provoque chez lui, un amalgame continuel entre douleurs physiques et douleurs affectives. On dit qu’il somatise.

Les managers de culture scientifique et technique n’ont souvent pas les mots pour exprimer ce qu’ils ressentent. Quant aux gens déprimés qui n’ont plus de désir, ni de plaisir, ils sont incapables de parler de leur tristesse ou de leur stress. Ils ne parviennent pas à identifier leurs sentiments, deviennent irritables et nerveux et sont de plus en plus dépressifs.

Mieux communiquer et mieux contrôler l’émotion

Tant que je suis incapable d’identifier mes émotions, je ne peux ni en parler, ni comprendre les émotions des autres, ce que l’on appelle l’Empathie. Communiquer et entretenir des relations professionnelles et personnelles est alors difficile.
Par exemple, les enfants et adolescents communiquent spontanément sur le mode émotionnel. Donc si je ne me mets pas sur le même plan, la communication est très difficile. Les conflits sont aussi plus nombreux et je risque de somatiser**.

Quand j’identifie précisément ce que je ressens, je peux remonter aux sources de l’émotion, repérer l’émotion cachée derrière celle qui est visible : la jalousie derrière la colère ou la frustration derrière l’agressivité.
Je peux même visualiser l’émotion sur une échelle imaginaire pour mieux la contrôler. Et trouver ainsi  la réponse la plus adéquate.

Nommer précisément ce que l’on ressent

La première chose à faire, pour mieux contrôler ses émotions est donc de reconnaître et de nommer exactement dans le détail ce que l’on ressent, au moment où on l’éprouve, particulièrement pour les ressentis négatifs (colère, peur, tristesse, dégoût, jalousie, honte…), qui sont forcément les plus contraignants à gérer.
Par exemple, dans les actions de médiation entre des jeunes qui se sont « embrouillés », on commence par faire un bilan des ressentis. Et dans une thérapie à distance (web-thérapie), des patients qui ont subi des traumatismes sévères comme les Irakiens, décrivent par e-mail, ce qu’ils ont vécu et ce qu’ils ont ressenti, précisément et dans le détail.
Voici un moyen assez simple pour identifier ce que je ressens : je me parle en étant le plus précis possible et en commençant mes phrases par « Je », sans détour et sans prendre de gant. « Qu’est-ce qui me prend ? », « Je suis très énervé quand je suis coincé dans les embouteillages », « Je suis d’une humeur massacrante ce matin. Tout le monde m’exaspère. J’en ai des picotements dans le dos et les mains », « Je suis terriblement jaloux en ce moment, cela me rend agressif et triste ».

Prendre conscience des pensées associées

Mais pour que cela fonctionne au mieux, il faut prendre conscience non seulement des émotions, mais aussi des pensées qui y sont associées, par exemple : « Je suis très énervé quand je suis coincé dans les embouteillages, j’ai l’impression d’être inutile, de perdre mon temps, de ne rien faire d’intéressant, d’être comme tous ces idiots, d’augmenter la pollution, de fatiguer ma voiture, de m’ankyloser… ».
S’efforcer de passer d’un désordre affectif vague « Je n’ai pas le moral » à quelque chose de plus précis, comme « Je suis contrarié, je suis énervé, je suis en colère, je suis triste… parce que… » est une clef de maîtrise de soi. Pour faire de vos émotions les alliées de votre réussite en entreprise, découvrez notre formation maîtriser ses émotions.


*L’alexithymie : est une difficulté à identifier, différencier et exprimer ses émotions, ou parfois celles d’autrui, selon Wikipédia.

**somatiser : Processus inconscient visant à transférer, transformer des difficultés affectives en troubles somatiques fonctionnels : céphalées, migraines, dysphagie, rhumatismes, eczéma, etc…, d’après www.cnrtl.fr.

 

Laisser un commentaire