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« Le candidat qui publie efficacement aura une longueur d’avance sur celui qui ne publie rien » : comment mettre LinkedIn au service de votre carrière ?

LinkedIn est le terrain de chasse de prédilection des recruteurs. Au delà d’avoir un profil complet et à jour, ils recommandent aux professionnels en quête d’opportunités d’y être actifs, pour se démarquer d’autres candidats.

Quand Lydie a commencé à publier des posts sur LinkedIn il y a six mois, elle a dû se faire violence. « Je suis plutôt réservée, je ne me dévoile pas facilement, et je ne suis pas fan des réseaux sociaux », explique-t-elle. Mais, désireuse de se lancer dans un nouveau projet professionnel, cette juriste de formation s’est dit qu’être active sur LinkedIn était stratégique.

Depuis, elle publie au moins un post par semaine. Elle y partage les enseignements d’un webinaire qu’elle a suivi, d’une expérience professionnelle qu’elle a vécue, d’un rapport qu’elle a lu sur son secteur… « Mon objectif est de renforcer mes relations avec les gens de mon écosystème, d’élargir mon réseau et de montrer aux recruteurs mon expertise », résume celle qui se focalise sur les relations commerciales dans le domaine agricole entre l’Europe et l’Afrique.

Elle s’est lancée sur les conseils de Gwladys Ramette, coach en carrière et recruteuse. « Ne pas être actif sur LinkedIn, c’est se priver de certaines opportunités professionnelles », estime cette dernière.

LinkedIn, terrain de jeu des chasseurs de têtes

Aujourd’hui, quand les entreprises recrutent, elles procèdent souvent de deux manières. Certaines publient une offre d’emploi et reçoivent ensuite des candidatures. « Les recruteurs consultent toujours le profil LinkedIn des candidats qui les intéressent, indique Gwladys Ramette. A l’heure où ils reçoivent un grand nombre de CV et de lettres de motivation standardisés, souvent générés par l’IA, être actif sur LinkedIn permet de se démarquer. »

C’est aussi l’occasion de fournir des informations plus détaillées que sur votre CV, et de montrer vos compétences, qu’elles soient liées à votre secteur ou qu’elles soient comportementales.

LinkedIn, un terrain de jeu très apprécié des DRH

Dans certains cas, les employeurs qui recrutent préfèrent contacter directement des profils susceptibles de correspondre au poste à pourvoir, ou missionner des chasseurs de têtes pour trouver la perle rare. Comment les dénichent-ils ? « Toujours en menant leurs recherches sur LinkedIn ! D’où l’importance d’avoir un profil à jour, complet et d’être actif », relève Agathe Collinet, coach en carrière pour les cadres et recruteuse dans la tech.

Maîtriser l’image qu’on renvoie

Mais publier sur LinkedIn fait-il réellement la différence ? « Si nous avons deux professionnels aux parcours similaires, nous leur proposerons à tous les deux un entretien, détaille Agathe Collinet. Celui qui publie efficacement LinkedIn aura une longueur d’avance sur celui qui ne publie rien, car le recruteur aura davantage d’informations sur lui et le sentiment de le connaître un peu avant même de le rencontrer. »

Autre point important : faire du storytelling sur LinkedIn permet de mieux maîtriser votre image. « Imaginez quelqu’un qui ne publie rien et qui est en conflit avec son ancien employeur. Le seul feedback que le recruteur aura viendra peut-être de ce dernier », indique Gwladys Ramette.

Etre actif sur LinkedIn permettra de contrebalancer cela, de donner une image plus complète de vous, de montrer les interactions positives que vous entretenez avec d’autres professionnels, de donner à voir d’éventuelles recommandations que des collègues ou anciens employeurs ont rédigées à votre propos.

Des recruteurs qui veulent être rassurés

Reste à savoir ce qu’il est pertinent de publier sur LinkedIn, quand on a un métier a priori classique et un quotidien routinier. « Il y a beaucoup d’options ! assure Gwladys Ramette. Vous pouvez parler de vos réalisations, vous enthousiasmer d’un dispositif mis en place dans votre entreprise – pour faciliter le quotidien des salariés aidants par exemple -, expliquer ce que vous avez appris en travaillant avec des profils venus de l’étranger… » Autre option : partager des innovations et des actualités de votre secteur.

En revanche, d’après Gwladys Ramette, mieux vaut éviter le contenu clivant, les coups de gueule, les posts qui basculent dans l’émotion… « C’est ce que font beaucoup d’entrepreneurs pour créer des post viraux. Mais eux cherchent à se faire connaître pour toucher de nouveaux clients. Si vous êtes salarié, ce n’est pas le mieux pour attirer l’attention des recruteurs, qui cherchent avant tout à être rassurés, qui préfèrent des gens qui pourront être des ambassadeurs de l’entreprise. »

Du contenu plus personnel, oui, mais par petite touche

Quid de posts plus personnels, sans lien direct avec votre emploi ? Est-ce par exemple judicieux de partager une publication sur le marathon que vous avez bouclé le week-end passé ? « L’idée n’est pas de raconter votre vie ni de vous faire plaisir mais d’être stratégique, rappelle Gwladys Ramette. Mais cela peut ponctuellement avoir du sens de parler de choses personnelles. »

Elle compare cela à la catégorie « centres d’intérêt » sur un CV : elle existe bien mais n’occupe pas une place majeure. En cas de post personnel, celui-ci doit servir à illustrer des compétences professionnelles. « Pour le marathon, plutôt que de vous vanter de l’avoir réussi, dites à quel point vous avez dû vous entraîner – pour montrer votre ténacité ; qui vous a aidé à le réussir, pour témoigner de votre gratitude », suggère Gwladys Ramette.

Publier, commenter, liker

Vous craignez que vos posts fassent un flop et ne récoltent que quelques likes de vos proches ? « Ce n’est pas le nombre de likes qui détermine les opportunités, insiste Agathe Collinet. Il ne faut pas vous décourager. L’idée n’est pas qu’un post soit vu par le plus de monde possible, mais par les bonnes personnes. »

Outre le fait de publier, cette recruteuse recommande de commenter les posts d’autres professionnels, idéalement ceux qui ont de la visibilité. « Pas seulement en disant ‘super ta publication’, mais en apportant une plus-value : une analyse, un partage d’expérience… », avance-t-elle. Et comme pour les sportifs, la clé du succès réside bien souvent dans la régularité.

Chloé Marriault

 

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