Identitovigilance
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Identitovigilance, le risque zéro n’existe pas !

Identitovigilance

Malgré les campagnes de sensibilisation et autre guide pédagogique de l’OMS, l’identitovigilance fait toujours peu de progrès. Le 6 février dernier, lors de sa commission médicale, l’AP-HP de Paris l’a désigné comme étant «l’enjeu majeur de sécurité des soins».

Comment endiguer les erreurs commises lors d’hospitalisation de patients ?

Encore trop nombreuses, elles sont aussi coûteuses et peu reluisantes  pour l’établissement de santé. Le souvenir, à Vienne, d’un traitement médicamenteux d’urgence attribué au mauvais patient reste encore dans les esprits des professionnels de santé. Non seulement parce que l’hôpital avait fait courir un risque au patient non soigné, mais aussi parce qu’il bénéficiait d’une cellule d’identitovigilance… depuis 8 ans.

«Une erreur inadmissible, mais humaine », pointe Victoire Barsat, membre d’une équipe soignante de l’AP-HP. « Au quotidien, nous reproduisons des tâches et des manipulations qui créent de l’habitude » et de fait, un danger que le cerveau humain, fatigué, ne peut pas systématiquement repérer. Parmi les erreurs les plus courantes : un nom de famille mal épelé, une homonymie, un dossier édité en double… et c’est l’erreur assurée.

« Chambre des erreurs »

Mais ces risques sont évitables, si les bons réflexes deviennent systématiques.
Fin 2017, lors de la semaine de la sécurité du patient, le centre hospitalier du pays d’Olmes a ouvert deux « chambres des erreurs ». Ceux qui le souhaitaient étaient mis en conditions auprès d’un patient témoin (un mannequin) à qui ils étaient chargés de prodiguer des soins. Des erreurs étant disséminées dans toute la pièce, l’objectif était d’aiguiser son œil afin de les repérer, pour y être préparé une fois sur le terrain.

Sensibilisation des équipes au quotidien

Sensibiliser de manière récurrente les équipes fait partie d’une routine quotidienne mais primordiale des hôpitaux et centres de santé : « Il faut faire prendre conscience des enjeux et du fait que le risque est bien réel » note notre interlocutrice. Et cela passe par un rappel des bonnes méthodes et des bons réflexes afin de pouvoir prévenir le risque d’erreur. Par exemple, il s’agit de reprendre l’identité du patient à chaque passage d’un médecin ou d’un aide-soignant, quitte à lui expliquer que lui demander son nom plusieurs fois par jour est une nécessité pour sa propre santé. Vérifier qu’aucune anomalie ne soit présente dans son dossier fait également partie des bons réflexes à avoir. Et si une erreur est détectée, il faut immédiatement la signaler… Autant de petits automatismes à reproduire au quotidien.

« Le risque zéro n’existe pas, précise l’employée de l’AP-HP, mais en avoir conscience, c’est déjà réduire les risques qu’une erreur se produise, ou que le pire arrive… ».

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