Formation professionnelle

Le plan de modernisation de la formation professionnelle prend forme

Mise en place d'axes de modernisation pour la formation professionnelle

Doté de 300 millions d’euros, ce plan sera présenté fin mars. La haut-commissaire aux compétences, Carine Seiler, en charge du dossier au ministère du Travail, promet un « choc de transformation », à même de combler le retard français en matière de formation continue.

Resté en deuxième rideau du plan de relance malgré les 300 millions d’euros placés dans sa corbeille, le chantier de modernisation de la formation professionnelle prend corps. Après plusieurs mois de concertation avec une cinquantaine d’acteurs du secteur (organismes de formation, partenaires sociaux, régions… ) une présentation aura lieu durant la dernière semaine de mars, suivie des premiers investissements cet été. Selon la Haut-commissaire aux compétences, Carine Seiler, en charge du dossier au ministère du Travail, c’est un véritable « choc de transformation » qui se dessine.

La montée en compétences des actifs figure parmi les priorités du quinquennat. Dans sa forme la plus spectaculaire, elle s’est traduite par un grand plan d’investissements multifacettes de 15 milliards, le PICLa modernisation des organismes de formation en faisait partie, mais la crise du Covid a accéléré la prise de conscience du retard français. Si deux formations sur trois ont été maintenues durant le premier confinement, ce fut bien souvent via des outils de messagerie, sans plus, dans un secteur atomisé et sous-capitalisé.

Changer d’échelle et vite

« La prise de conscience qu’il fallait changer d’échelle rapidement s’est imposée. Les 300 millions représentent plus de trois fois ce qui était prévu avec le PIC », souligne Carine Seiler. Pas question pour autant de tout basculer en distanciel. Le futur sera résolument hybride avec toujours du présentiel, de la formation en situation de travail ou encore de la réalité augmentée.

Pas question non plus d’imposer un plan jacobin qui tuerait l’innovation privée, comme le craint la Fédération de la Formation Professionnelle, par la voix de l’un de ses administrateurs, Bruno Sola. « L’enjeu est vital pour l’emploi de demain. Nous avons mis en garde contre le tout gratuit et le tout centralisé », indique-t-il.

Le choc de transformation promis suivra quatre axes complémentaires pour lesquels bien des questions restent encore sans réponse. Le premier vise à susciter un nouveau marché : le conseil aux organismes de formation ou centre d’apprentis pour changer leur pédagogie, leur organisation et, partant, leur modèle économique. L’Etat s’en tiendra à définir des standards de qualité et amorcer la pompe financièrement.

Quinze projets pilotes

Il s’agit ensuite de susciter l’innovation logicielle via des appels à projets dans une logique proche de celle du programme d’investissements d’avenir. Dans une logique de « patrimoine commun » aussi, précise la Haut-commissaire, suivant un modèle économique à défricher. Le troisième axe consiste à mailler la France de tiers lieux, c’est-à-dire d’endroit ou des prestataires et leurs stagiaires pourront accéder à des outils modernes selon un modèle économique, là encore, à peaufiner.

A l’inverse des trois précédents, le quatrième axe du plan est moins consensuel. Il s’agit de définir une quinzaine de parcours de formation pilotes menant à des métiers prioritaires du plan de relance, comme ceux d’aide soignante ou de la rénovation énergétique. Avec pour chaque parcours, les compétences à acquérir, une pédagogie et des outils numériques les plus adaptés. Des appels à projets vont être lancés qui nécessiteront au préalable de s’entendre sur les conditions d’accès aux résultats de ces quinze pilotes.

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Par Alain Ruello

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