TMS
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Ne laissez pas s’installer les TMS dans votre entreprise !

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Dans le milieu du travail, nous entendons souvent parler des TMS, sans trop savoir réellement ce que désignent ces termes. Qu’est- ce que c’est concrètement ?

Paul Idris : Les troubles musculo-squelettiques (TMS) regroupent une quinzaine de maladies qui affectent les tissus mous du corps, c’est-à-dire les muscles, les tendons et les nerfs. Les troubles les plus répandus touchent la coiffe des rotateurs, au niveau des épaules, et le canal carpien, au niveau des poignets.

Généralement, la personne affectée d’un TMS ressent une douleur, associée à la réalisation d’un mouvement. De manière plus avancée, elle souffre même au repos. À quoi sont dus ces troubles ?

P.I : Les TMS apparaissent lorsqu’un individu dépasse ses capacités physiques. C’est le cas lorsque son activité lui impose d’effectuer des gestes répétitifs, des efforts excessifs comme de porter des charges lourdes, ou encore d’adopter des postures inconfortables durant de longues périodes. Ces facteurs biomécaniques peuvent être aggravés par une exposition au froid, à des vibrations et, même, à du bruit. Sans compter les facteurs individuels tels que l’âge, le patrimoine génétique ou des antécédents médicaux comme une fracture !

L’organisation du travail peut aussi être à l’origine de TMS : le manque de pauses, d’alternance des tâches ou une durée de travail excessive nuisent à la variabilité des mouvements et favorisent ainsi les TMS.

Enfin, le stress, une perception négative de son environnement de travail ou le manque de reconnaissance jouent aussi un rôle non négligeable.

Comment est-il possible de réduire ces troubles ?

P.I : La première étape, c’est d’essayer de se ménager des pauses, voire de prendre du repos pour permettre au corps de récupérer. Lorsque les TMS sont déjà bien installés, on a recours à des infiltrations (des injections d’anti-inflammatoires). L’étape d’après étant la chirurgie…

Pour l’entreprise, quelles conséquences peuvent avoir les TMS ?

P.I : Les TMS entraînent des coûts financiers directs pour l’entreprise : des indemnités versées aux salariés malades (indemnités journalières, frais de soins), du temps passé pour gérer les dossiers des salariés concernés, des coûts liés à leur remplacement (recherche d’intérimaire, formation…). À cela, s’ajoutent des coûts indirects comme la perte de productivité, la dégradation de l’ambiance de travail, l’absentéisme voire même des départs…

Comment l’entreprise peut-elle agir pour prévenir les risques ?

P.I : L’idéal est d’intervenir très en amont, lors de la conception et de l’aménagement du poste afin qu’il soit le moins à risques possible. Ensuite, la formation du salarié est essentielle : lui apprendre à bien manier ses outils, à gérer au mieux sa situation de travail (éviter des allers-retours ou des mouvements inutiles, faire des pauses adaptées…) et, bien sûr, le sensibiliser aux risques de TMS et au rôle de la médecine du travail. L’employeur doit aussi veiller au bon réglage et à l’entretien des machines pour que le salarié n’ait pas à forcer pour réaliser son travail ni à gérer une panne, source de stress. Des solutions sont également à trouver du côté de l’organisation du travail comme la mise en place de rotations, qui doivent être accompagnées d’études préalables et de formation pour ne pas être contre-productives.

Pour conclure, avez-vous quelques conseils à donner aux salariés et aux employeurs ?

P.I : Anticipez ! Ne laissez pas une situation se dégrader ! Et restez vigilant car nos systèmes de production évoluent rapidement et, avec elles, les préconisations en matière de TMS qui peuvent se retrouver inadaptées.

Pour aller plus loin, découvrez  :
La Semaine de l’Ergonomie au Travail

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