Formation professionnelle

Formation : plus de personnalisation pour plus d’efficacité

Chronique – En ces temps de crise, l’individualisation de la formation apparaît plus que jamais indispensable. Une formation bien choisie, accompagnée et assimilée est une formation optimisée, pour l’entreprise contrainte économiquement comme pour le stagiaire dont le temps est précieux.

Plus d’un siècle a passé depuis la création de la toute première université d’entreprise – la Corporate University de General Motors créé à Flint, dans le Michigan, en 1919 – et le système de formation professionnelle français vient tout juste de fêter ses cinquante ans.

S’il est possible d’affirmer que, depuis lors, l’essence des métiers de la formation demeure, de multiples recherches et innovations pédagogiques ont contribué à maximiser la transmission de savoir entre les générations de professionnels.
Parmi elles, notamment, le développement de l’ingénierie pédagogique, la modularisation des parcours de formation et la démocratisation du « blended-learning », soit la recherche de l’équilibre parfait entre formation présentielle et distancielle, collective et individuelle, physique et digitale.

La crise sanitaire que nous vivons depuis plusieurs mois bouscule les individus dans leurs quotidiens professionnels et personnels. L’appel à la réinvention a été largement relayé pour s’adapter au mieux à la nouveauté, dans une durée inconnue.
L’intérêt accru pour les cours, tutoriels et autre coaching pendant le confinement a prouvé, une fois de plus, l’importance de l’apprentissage et la valeur refuge qu’il peut constituer dans un contexte incertain.
La montée en compétences professionnelles n’est pas en reste et a été plébiscitée pendant cette période. Certaines entreprises ont même développé de nouvelles offres pour répondre au besoin éprouvé par leurs collaborateurs pendant et à l’issue du confinement.

Le défi de l’attention

Si l’étude des besoins et objectifs de l’entreprise est primordiale dans l’établissement d’un parcours de formation professionnelle, la période que nous vivons renforce d’autres convictions préexistantes, comme la nécessité d’individualiser au maximum les parcours de formation pour décupler leur efficacité dans la durée et garantir à l’entreprise comme au stagiaire un équilibre vertueux entre temps et investissement économique.

Le monde d’après de la formation professionnelle est en effet en marche depuis longtemps.
Elle est bien loin l’époque où l’on plaçait le stagiaire en posture passive, en classe, devant le pupitre d’un expert-sachant pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Le professionnel à former est aujourd’hui guidé bien en amont, notamment grâce à des outils d’auto-positionnement qui permettent de définir le besoin et le niveau exact de chaque individu, et de l’orienter dans son choix de formation.

On sait aussi que l’attention en formation doit être stimulée, surtout à distance lorsqu’il est difficile d’appréhender le langage non verbal des stagiaires.
Le formateur joue ainsi un rôle clé en adoptant une posture adaptée à chaque individu et en utilisant quelques astuces pour maximiser l’apprentissage :

  • la répétition des messages,
  • la variation de la forme des éléments transmis,
  • ou encore la mise en place de pauses temporelles pour permettre à chacun d’assimiler les connaissances.

Même dans un cours collectif, l’accompagnement en « one-to-one » de l’apprenant est primordial.

Précision extrême

L’issue du temps de formation est tout aussi importante pour accompagner l’assimilation des nouvelles connaissances et compétences.
Pour cela, on s’appuiera sur un « Learning Management System » (LMS) robuste et fiable afin de mettre à disposition du stagiaire des ressources diverses et personnalisées qui lui permettront, à son rythme et selon son temps disponible, de poursuivre son cheminement d’apprentissage.

Pour remplir pleinement leur rôle et garantir aux entreprises, parfois éprouvées, l’intégration ou la montée en compétences efficace de leurs collaborateurs, les organismes de formation professionnelle et les universités d’entreprise se doivent de proposer une offre de formation personnalisée, adaptable et réactive.

L’avenir de la formation réside dans la précision extrême de cette personnalisation. C’est l’essence même du travail de chef de projet pédagogique :

  1. identification du besoin,
  2. élaboration d’une réponse adaptée – qui peut prendre une autre forme que celle de la formation -,
  3. délivrance suivie de la solution d’apprentissage,
  4. et évaluation fine de l’expérience du stagiaire, à chaud comme à froid.

La digitalisation généralisée des formations à l’heure de la crise sanitaire ne doit pas compromettre l’accompagnement personnalisé des stagiaires. Il reste indispensable pour garantir une montée en compétences sans compromis ni frustration. 

Sylvain Delozanne

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