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Ergonomie au travail : pour atteindre l’optimum

Atteindre une ergonomie au travail optimale

Atteindre l’optimal pour l’entreprise et ses collaborateurs, dans l’état d’investissement possible de l’entreprise et la préservation de la santé des collaborateurs : telle est la promesse de l’ergonomie. Une science autant qu’une pratique, qu’il est intéressant de découvrir par-delà les idées préconçues tant elle est créatrice de valeur.

Ergonomie : mais de quoi s’agit-il ?
 Imaginez un grand fabricant d’avion confronté à un problème précis : le bruit puissant et répétitif auquel est exposé l’ouvrier chargé de riveter les pièces d’une aile d’avion, depuis l’espace exiguë de d’un réservoir situé dans cette dernière. Soucieux d’y remédier, ce groupe dépêche sur place un ergonome. L’observation lui permet alors de relier deux faits, jusqu’ici jamais connectés : la pénibilité de ce travail et des fuites récurrentes sur les réservoirs de cette génération d’avion. La raison : l’extrême précision de l’opération de rivetage était incompatible avec les conditions dans lesquelles elle était supposée se réaliser.

Dans ce cas bien réel, l’intervention a débouché sur un changement de conception et de technologie pour la génération suivante de ce modèle d’avion. Faisant disparaître la pénibilité pour l’ouvrier, elle a en outre permis des gains insoupçonnés de masse de l’avion, de rapidité de production et d’une garantie de la pose conforme à l’exigence de 30 ans d’exploitation.

« C’est tout cela l’ergonomie », explique Léonard Querelle, président de CINOV Ergonomie, syndicat national des conseils en ergonomie. Il détaille : « Trop souvent réduite à la posture, la hauteur du bureau et le confort de la chaise, l’ergonomie est avant tout un moyen d’obtenir performance et préservation de la santé, par une compréhension fine des interactions de l’homme avec son environnement, dans une organisation donnée, avec des résultats sur le long terme. ». En somme : être attentif à ce qui est fait et à la manière dont cela est fait. On comprend donc bien que l’on est assez loin du vernis baby-foot, dragibus et ambiance jean/basket.

Ergonomie : comment les entreprises y viennent-elles ?

Troubles musculo-squelettiques, maladies professionnelles, absentéisme, risques psychosociaux, altercations… La santé et certains sujets clefs sont en général les causes principales du recours à un ergonome. Et bien souvent, cela n’arrive d’ailleurs qu’après l’échec d’autres méthodes, et principalement grâce au bouche à oreille. Mais l’ergonomie est également sollicitée lors de la conception de nouveaux produits ou la construction de bâtiments.

« Le cas typique est celui d’un individu, dans une organisation, prêt à défendre une autre manière de penser le travail, l’humain et le management », poursuit Léonard Querelle. Et une telle démarche n’a rien d’évident, tant elle est à rebours du modèle où l’entreprise est dirigée par des sachants ayant le devoir de trouver par eux-mêmes toutes les solutions à tous les problèmes rencontrés. Il poursuit : « Dans une approche basée sur l’ergonomie, le dirigeant est à la fois soucieux de connaître le travail de ses équipes, dans le détail, et de pouvoir le faciliter. En cela, le dirigeant devient ressource et valorise la compétence de chacun et la connaissance précise qu’il a de son travail. ».

Ergonomie : quelle mise en pratique ?

 La méthode de l’ergonomie consiste donc à s’appuyer sur l’expertise de ceux qui font, qui utilisent au quotidien les outils ou les processus en jeux. Elle réclame de se donner les moyens d’en avoir une bonne compréhension, éclairée par des points de vue différents. « C’est sur cette base que le travail d’ergonomie peut s’engager, en cherchant l’optimal et pas ce qui est le mieux », détaille Léonard Querelle.

Pratiquement, que l’ergonome soit consultant ou intégré à l’entreprise, la démarche comporte deux phases.

  • Phase 1
    • Echanger afin de cerner la méthode à mettre en œuvre, son ampleur, le contexte et les enjeux ;
    • Proposition d’accompagnement où la méthode est détaillée ;
    • Observation et d’analyse ;
    • Etablissement diagnostic et partage avec les parties prenantes.
  • Phase 2
    • Etablir le cahier des charges de ce qui doit être fait. Il pourra être destiné aussi bien aux fournisseurs qu’aux équipes internes devant mettre en œuvre la solution. Dans tous les cas, la partie fonctionnelle de ce cahier sera rédigée en collaboration avec les premiers concernés.
    • Déterminer les critères d’évaluation des réponses devant être apportées.
    • Evaluation des réponses apportées.

Ergonomie : une démarche exigeante mais efficace

Si l’ergonomie est une démarche exigeante, c’est avant tout car elle repose sur une acceptation de la complexité et la compréhension qu’il n’existe pas de réponse standardisée. Et Léonard Querelle de conclure : « Les questions à se poser pour aboutir sont toujours plus nombreuses que l’on aurait pu l’imaginer ; il faut anticiper les résultats et le changement se construit bien plus qu’il ne s’accompagne. ». Mais les résultats sont là : implication, responsabilisation de chacun et de tous, performances accrues. Un schéma très entrepreneurial en somme.

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