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Etes-vous trop connecté ? Les risques de l’hyper-connexion

Prévenir l'hyper-connexion

N’avez-vous jamais regardé vos mails pro au cours d’un dîner ? ou consulté votre boîte mail un week-end ? La tentation est facile et certains sautent le pas facilement ; ce qui rend parfois la frontière entre vie privée et vie professionnelle très floue. Epuisement, stress, agressivité… quels sont les risques d’une hyper-connexion des salariés pour l’entreprise ? Comment détecter les personnes en souffrance ? Delphine Witkowski, Formatrice et consultante en droit social et gestion des ressources humaines, a répondu à nos questions.

Comment distinguer sur-connexion et hyper-connexion ?

Sur-connexion, hyper-connexion… la distinction entre ces deux notions est fine et il est fréquent de les assimiler l’un à l’autre.
Un salarié est dans un état de « sur-connexion » lorsqu’il multiplie l’utilisation d’outils nomades et numériques et y consacre beaucoup de temps sur sa journée de travail.
L’« hyper-connexion » quant à elle, caractérise l’attitude d‘un salarié qui reste en contact permanent avec son employeur et/ou ses collègues, qui répond sans délai aux sollicitations professionnelles et sollicite parfois lui-même ses collaborateurs sans bien faire la distinction entre vie privée et vie professionnelle.

Le saviez-vous ?

Des études montrent que 80% des cadres se connectent à leur messagerie professionnelle sur leur temps de loisirs et que 30% de la journée d’un salarié est consacrée à la gestion des courriels, il semble donc urgent que les employeurs questionnent leur organisation numérique, tout d’abord pour la santé et la sécurité de leur salarié, mais également pour la productivité de leurs équipes.

Sur-connexion, hyper-connexion, le mal du siècle ?

Ces deux termes se rattachent au même phénomène, à savoir l’augmentation constante des flux d’information par internet et le développement permanent de nouveaux outils connectés. Ceci créant une accélération constante des échanges sociaux et professionnels.
Dans la sphère de l’entreprise, la surconnexion est fréquente dès lors que l’employeur fournit ordinateur portable et téléphone mobile à ses collaborateurs, met à disposition des boîtes de dialogue interne en plus de la messagerie professionnelle. Cette mise à disposition d’outils multiples peut générer chez le salarié un stress et une frustration liés au sentiment d’ « éparpillement » des tâches confiées et de perte d’efficacité.

Quels sont les conséquences et les risques liés à l’hyper-connexion pour le salarié ?

L’hyper-connexion est devenue une situation très problématique pour l’entreprise quand le salarié ne sait plus dissocier vie pro et vie perso pour lui-même … mais pour celui des autres également !
Ces salariés travaillent souvent de façon excessive, ce qui génère stress, fatigue, baisse de concentration. Ces troubles peuvent évoluer vers de l’irritabilité, des troubles du sommeil, des problèmes familiaux.
Si ces symptômes s’accompagnent d’un manque de reconnaissance par la hiérarchie, c’est là que peuvent apparaître les premiers symptômes de dépression. Il n’est pas rare non plus de voir se développer des conduites addictives (drogue, alcool…) chez ces salariés.

Et pour l’entreprise, quels sont les risques ?

L’employeur est soumis à l’obligation légale de préserver le bien-être de ses salariés ; s’il fait donc courir un risque grave pour la santé de ses collaborateurs – en laissant notamment une situation d’hyper-connexion perdurer sans réagir- il peut être poursuivi en justice.
Plus concrètement l’hyper-connexion laisse s’insinuer une baisse de productivité inévitable : la gestion par les salariés de nombreuses tâches parcellaires amène à des erreurs, des oublis.
Par ailleurs, la tendance des salariés hyperconnectés à écrire systématiquement des courriels pour le moindre échange peut aboutir également une attitude de déresponsabilisation professionnelle qui peut être préjudiciable à l’entreprise.
Il est donc très important pour l’entreprise de mettre en place des garde-fous et mesures préventives pour que son organisation n’en pâtisse pas notamment par une augmentation de l’absentéisme.

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