Pas facile de trouver la tenue de circonstance lorsqu’on s’apprête à passer un entretien d’embauche, d’autant que les codes vestimentaires changent selon le poste, l’entreprise, le secteur… Voici les préconisations des recruteurs pour être en confiance le jour J.
Ces derniers mois, Léa a postulé dans divers cabinets de conseil. « Quand on m’a proposé des entretiens en présentiel, j’étais un peu préoccupée par ma tenue. Je voulais faire bonne impression, mais je craignais aussi d’en faire trop. » Pour trouver un juste équilibre, la jeune femme a opté pour un blazer, une chemise et un pantalon fluide noir.
Restait la question des chaussures : baskets ou modèle plus habillé ? « Dans le doute, j’ai acheté une paire d’escarpins discrets pour mes entretiens dans les grands cabinets », détaille-t-elle.
S’inspirer de la tenue des personnes déjà en poste
Comme elle, de nombreux candidats se demandent quelle est la tenue idéale. « C’est une question qu’ils me posent tout le temps ! » indique Grégory Marande, chasseur de têtes dans le luxe, la mode et le design.
La réponse dépend du poste, de l’entreprise et du secteur. « Si vous arrivez en costume pour un entretien dans une start-up ou en tenue décontractée pour un poste dans un cabinet d’avocats ou une banque d’affaires, le recruteur sera sûrement interloqué », analyse la chasseuse de têtes Gwladys Ramette.
Les recruteurs face aux candidats qui s’agacent d’être « ghostés »
Exemple donné par une responsable RH parisienne : « Une fois, j’ai embauché un candidat venu en tongs pour un poste de direction artistique. J’avoue qu’au début j’ai eu beaucoup de freins, mais je suis passée outre après avoir longuement échangé avec le manager, qui trouvait que ce côté décalé pouvait être positif pour le rôle, qu’il était compétent et capable de se fondre dans le collectif », raconte-t-elle. A son arrivée, elle a tout de même dit à la recrue d’éviter les sandalettes à l’avenir. « Il a abandonné les tongs mais il venait parfois en bermuda », s’amuse-t-elle.
Quand le poste implique d’être en relation avec des clients et qu’il y a un enjeu de représentation, les recruteurs peuvent être plus sensibles à la tenue. « Ils vont regarder si l’image que vous renvoyez est alignée avec celle de l’entreprise », poursuit-elle. A l’inverse, pour d’autres fonctions, cela importe peu. « Personnellement, je me fiche de la façon dont les candidats sont habillés, confie Benjamin, recruteur dans la tech. Seules les compétences comptent. »
Opter pour une tenue passe-partout
Pour ne pas commettre d’impair, Chiraze Atarsia, chasseuse de têtes dans la tech, a deux conseils. « La plupart des entreprises sont présentes sur les réseaux sociaux et partagent en ligne des photos ou vidéos de leurs équipes. Observez leur style pour vous en inspirer. » Autre astuce : « Si l’entreprise est proche, n’hésitez pas à passer devant les bureaux pour voir ce que portent les employés. »
Dans tous les cas, mieux vaut privilégier la sobriété à l’excentricité, d’après Grégory Marande. Et ce, même pour un métier créatif. « Vous prenez moins de risques à opter pour une tenue simple qu’en tentant quelque chose d’original. Ça permettra au recruteur de se concentrer sur votre échange, plutôt que sur un élément de votre tenue qui le ferait tiquer », résume-t-il.
Un certain effort vestimentaire est néanmoins conseillé. « Quand vous allez à un mariage, vous choisissez une tenue spécifique, poursuit le chasseur de têtes. Ici, c’est pareil : cela montre que vous considérez cette étape comme importante. »
Comment trouver (discrètement) un nouvel emploi si vous êtes en poste
Pas besoin de sortir le grand jeu pour autant. « Parfois, les candidats veulent tellement bien faire qu’ils surjouent le truc. Si vous postulez dans la mode par exemple, ce n’est pas la peine de mettre un foulard Hermès dans vos cheveux ou en ceinture et de dégainer les bijoux qu’on vous a offerts pour votre communion », dit-il en souriant. La discrétion s’impose aussi au-delà de la tenue, selon Chiraze Atarsia : « Evitez de vider votre bouteille de parfum, le maquillage trop prononcé… »
Un crash test avant le jour J
Tout est donc question d’équilibre. Quelle est alors la tenue infaillible ? « Pour les femmes, je dirais un pantalon – même un jean simple -, un tee-shirt ou un chemisier et un blazer. Pour les hommes, une chemise et un pantalon neutre ou un chino », avance Grégory Marande. Et pour les chaussures ? « Dans une start-up, les baskets simples sont tolérées, note Chiraze Atarsia. Dans un grand groupe, partez plutôt si vous êtes une femme sur des escarpins sobres, des derbies ou des mocassins, et si vous êtes un homme sur des chaussures de ville classiques. »
Pour Gwladys Ramette, l’essentiel est de choisir une tenue qui reflète l’image que vous souhaitez projeter et dans laquelle vous êtes à l’aise, pour être en confiance durant l’entretien. « Si vous ne portez jamais de costume-cravate ou de talons, n’en mettez pas : vous risquez d’être mal à l’aise, et cela se verra. »
Autre conseil : ayez une ou deux tenues prêtes pour un entretien. Cela évite de courir les magasins à la dernière minute et permet de se concentrer sur la préparation. « Portez ces vêtements avant le jour J, pour ne pas vous retrouver avec un pull qui gratte, trop chaud, ou des chaussures qui font mal aux pieds… Cela peut ajouter du stress et de l’inconfort à une situation déjà pas évidente », constate Gwladys Ramette. Léa peut en témoigner : « J’ai porté les escarpins achetés pour l’occasion lors de mon premier entretien. Résultat : j’ai serré les dents à cause d’ampoules douloureuses. »
Mais au fond, la tenue pèse-t-elle vraiment lourd dans la balance ? « Si votre tenue n’est pas adaptée, cela ne devrait pas vous disqualifier, explique Gwladys Ramette. Mais cela peut être un élément parmi d’autres qui fera pencher la balance du mauvais côté. »
Chloé Marriault
