Les grands groupes français attirent toujours autant les étudiants en école de commerce et d’ingénieurs, d’après le dernier classement du cabinet d’études Universum, dévoilé en exclusivité par « Les Echos ».
Un salaire attractif, des opportunités d’évolution, une bonne référence sur leur CV pour leur future carrière et un bon équilibre vie pro-vie perso. C’est ce que recherchent avant tout les étudiants en école de commerce et d’ingénieurs. Le fait d’être dans une entreprise qui innove ou de travailler pour des projets à impact passe après.
Pour cocher ces cases, cela fait des années que les étudiants se projettent chez les mêmes employeurs. C’est ce qui ressort du classement des entreprises les plus attractives auprès des étudiants en école de commerce et d’ingénieurs, réalisé par Universum et dévoilé en exclusivité par « Les Echos » le 24 juin. Pour établir le palmarès, le cabinet d’études a interrogé de janvier à mai 2026 un peu plus de 19.000 étudiants dans 172 grandes écoles de commerce et d’ingénieurs en France.
Luxe, audit et conseil, banque d’investissement…
Le cabinet leur a soumis une liste d’une centaine d’entreprises et leur a demandé de choisir jusqu’à cinq de leurs préférées. Chaque année, les profils interrogés peuvent aussi suggérer de nouveaux employeurs à ajouter au classement.
C’est ainsi que les entreprises le plus souvent citées font leur entrée au classement l’année suivante, et que d’autres – les moins populaires – en sortent.
Résultat côté étudiants en école de commerce : LVMH (groupe propriétaire des « Echos ») arrive en tête des entreprises les plus attractives, suivi de L’Oréal et d’Hermès. Un trio de tête inchangé depuis 2022.
Les secteurs qui attirent le plus sont le luxe, la banque d’investissement, l’audit et le conseil. « L’énergie, l’aéronautique et la défense rencontrent de plus en plus de succès, observe Aurélie Robertet, directrice de la filiale française du cabinet d’études Universum. En raison des conflits géopolitiques, les étudiants y voient des secteurs dans lesquels s’engager et qui sont porteurs. »
A l’inverse, comme les années passées, les entreprises de l’assurance sont moins glamours et figurent en bas du classement (Groupama à la 103e place, MAAF à la 108e place, GMF 109e, MMA 110e).
« On note un vrai attrait pour les entreprises françaises »
S’agissant des étudiants en école d’ingénieurs, le podium est également le même que l’année passée. Thales se maintient en tête des entreprises qui les font le plus rêver, talonné par Airbus, suivi de Safran.
« Le haut du classement est trusté par des grands noms de l’industrie, de l’aéronautique, de la défense, de l’énergie et de la tech, indique Aurélie Robertet. On note également un vrai attrait pour les entreprises françaises. »
Globalement, les entreprises de l’énergie et de la banque progressent en termes de votes. « Depuis la crise énergétique de 2022 et la guerre en Ukraine, l’énergie est redevenue un sujet de souveraineté nationale et les grands programmes donnent au secteur une dimension stratégique et un horizon de long terme. Quant aux banques, la finance de marché internationale séduit en répondant aux priorités des jeunes : rémunération, employabilité, référence sur le CV et responsabilités. »
Des Gafam qui font un peu moins rêver
Le cabinet d’études s’est également penché sur les étudiants en école d’ingénieurs qui se spécialisent en informatique. De leur côté, c’est Google qui remporte la palme de l’entreprise la plus attractive, suivie de Microsoft et Thales, qui gagne une place au détriment d’Apple.
« Si les entreprises de la tech restent bien classées, elles enregistrent nettement moins de votes de la part des étudiants que les années passées, alors qu’elles étaient loin devant les autres. La bascule se fait en faveur de l’aéronautique et de la défense. »
« En vingt ans, le contexte a changé, mais les entreprises bien classées et les secteurs qui font rêver ont finalement assez peu évolué », rapporte Aurélie Robertet.
Nouveauté, peut-être : à la question « Avez-vous activement développé des compétences liées à l’IA en vue de votre future carrière ? », 68 % des étudiants répondent « oui » en 2026 (+10 points en un an).
Quelque 97 % des sondés disent utiliser l’IA. Parmi ces derniers, près des trois quarts s’en servent pour améliorer leur productivité, 69 % pour développer leurs compétences et près de la moitié (48 %) pour se préparer à des entretiens.
Chloé Marriault
