Mag des compétences - Comundi

Monter sa boîte, être plus efficace, faire fortune, alléger la charge mentale… Ce que les gens rêvent de faire grâce à l’IA

De la performance au travail à l’indépendance financière, les attentes vis-à-vis de l’IA traduisent une aspiration à changer de trajectoire. D’après une étude d’Anthropic menée dans 159 pays, ces usages dépassent largement le simple gain de productivité.

Automatiser les tâches ingrates, mieux travailler, apprendre plus vite… Dans ce qu’elle présente modestement comme « l’étude qualitative la plus large et multilingue jamais réalisée », Anthropic s’est penchée sur ce que les utilisateurs attendent de l’intelligence artificielle.

A partir de 80.508 entretiens menés via un agent conversationnel auprès d’utilisateurs issus de 159 pays et parlant 70 langues, la start-up californienne dresse un panorama inédit de ces attentes, notamment dans le monde du travail.

Excellence professionnelle

Premier enseignement : la principale attente concerne « l’excellence professionnelle ». 18,8 % des répondants souhaitent améliorer leur performance, automatiser les tâches répétitives et produire un travail de meilleure qualité.

Je veux que les limites soient mon imagination… pas l’épuisement mental dû à des tâches techniques », explique un avocat argentin* cité dans l’étude. Mais cet espoir s’accompagne parfois d’ambivalence. « J’ai fourni à Claude tous les éléments d’une histoire que j’avais mis des années à écrire. En quelques minutes, il en a créé une version bien meilleure que tout ce que j’aurais pu écrire. J’ai pleuré. C’était magnifique de voir cette histoire prendre vie. Et pourtant, ce n’étaient pas mes mots… Je m’en suis senti dépossédé », confie aussi un ingénieur informatique français.

Derrière cet usage, d’autres aspirations plus intimes émergent : 13,7 % des répondants invoquent une « transformation personnelle », tandis que 13,5 % attendent une meilleure gestion de la vie quotidienne, notamment pour alléger la charge mentale.

Liberté financière

Près d’un répondant sur dix espère atteindre une forme d’autonomie économique grâce à l’IA. Cette « liberté financière » peut passer par la création d’activité, des revenus passifs ou une sortie des contraintes économiques traditionnelles.

« Le mode survie, c’est moi qui travaille de 9 h à 17 h, avec un salaire qui me permet à peine de joindre les deux bouts… », raconte un employé malaisien qui veut doper ses projets personnels et sortir de la pauvreté. « J’utilise l’IA pour peaufiner mes idées de roman et d’application afin de concrétiser plus vite mon rêve : briser ce cercle vicieux de la pauvreté et permettre à mes enfants de grandir libres de choisir la voie qu’ils souhaitent. »

Entrepreneuriat

L’IA est également perçue comme un levier pour entreprendre. 8,7 % des répondants y voient un moyen de créer, lancer ou développer une activité, que ce soit pour automatiser des processus ou porter seuls des projets de plus grande ampleur. « Grâce à l’IA, j’ai atteint un niveau professionnel en cybersécurité, en conception UX, en marketing et en gestion de projet, tout cela en même temps », explique un entrepreneur camerounais, qui y voit un « neutralisateur d’inégalités ».

Derrière la quête d’efficacité et de performance, c’est moins le travail en lui-même que ce qu’il permet, ou empêche de faire, qui est interrogé, relèvent les auteurs de l’étude. L’IA y apparaît désormais comme un formidable outil pour reprendre la main sur son temps.

* Tous les témoignages cités dans l’étude ont été anonymisés.

Neïla Beyler